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Actualités

L’Eglise catholique façonne-t-elle une masculinité « toxique » ?

L’Eglise catholique façonne-t-elle une masculinité « toxique » ?

Josselin Tricou (Université de Lausanne, professeur invité MSH)

Date: 23 novembre

Heure: 17-19h

Salle: ULB Grande salle du CIERL

E n partenariat avec le CIERL

Résumé : La modernité tardive est marquée par un processus de « démocratisation sexuelle » (E.
Fassin) : les questions de genre et de sexualité sont largement dénaturalisées et intègrent désormais
le champ du débat démocratique, sur fond d’égalité des droits et de liberté individuelle. Face à ce
changement de paradigme éthico-juridique, les religions instituées réagissent de manière diverse.
Ces réactions vont d’une inclusion dans leur culture et leurs structures de cette nouvelle donne
normative à des formes « d’ecclésionomie » (Ph. Portier), c’est-à-dire de réaffirmation de la
supériorité de la norme ecclésiale ou religieuse par rapport à la loi ou aux choix individuels privés, en
passant par des arrangements « pastoraux » qui favorisent la modification des pratiques sans
prendre le risque de toucher aux doctrines. Si le protestantisme libéral est représentatif de la
première solution, l’Église catholique romaine, quant à elle, oscille entre les deux suivantes, coincée
par ce qu’on peut appeler le « verrou sacerdotal ». Il faut entendre par là trois éléments qu’elle a liés
de manière indéfectible dans sa structuration et qui sont devenue sa signature : la prêtrise comprise
comme mise à part des fidèles rendue patente par le sacrifice de la sexualité de l’individu masculin
qui l’incarne, d’un côté. L’exclusion des femmes du pouvoir et le discours hétéroconjugal/
homophobe (c’est tout un) portés par l’institution, de l’autre. Or, ce « verrou sacerdotal » peut
apparaître à bien des égards aujourd’hui comme « toxique » – pour reprendre un vocabulaire
militant : « toxique » pour les fidèles (avec les abus de pouvoir et les violences sexuelles qui
s’exercent sur les femmes et les enfants), « toxique » pour les prêtres eux-mêmes (quand s’installe
en eux une forme de clivage interne), et discriminatoire sinon toxique au regard d’une société qui
fait désormais de l’égalité entre les sexes et les sexualités son horizon éthique. Pourquoi l’Église
catholique romaine ne parvient-elle pas à faire sauter ce verrou? Pourquoi, alors que toute les
institutions – religieuses ou non – intègrent bon an mal an les normes de la « modernité sexuelle »,
l’Église catholique résiste-t-elle au détriment d’un certain nombre de ses membres qui en sont des
victimes directes ou collatérales ? Pire, pourquoi certains secteurs catholiques à la pointe de la
défense de l’institution et de sa place dans la société versent dans des formes de masculinismes
explicites, érigeant en quasi-dogme ou en totem d’identité ce verrou sacerdotal ?
Biographie : Josselin Tricou est docteur en science politique et études de genre de l’université Paris
8. Sa thèse interrogeait la figure masculine du prêtre catholique au sein des sociétés occidentales.
Elle en analysait le déclassement dans l’espace social et culturel des masculinités et la crise de
plausibilité face aux mutations contemporaines de l’ordre des sexes et des sexualités. Il a ensuite
participé aux recherches de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale pour le compte
de la Commission indépendante sur les violences sexuelles dans l’Église en France. Il est actuellement
maître-assistant en sociologie au sein de l’Institut des sciences sociales des religions (ISSR) de
l’université de Lausanne en Suisse et membre associé du Laboratoire d’études de genre et de
sexualité (CNRS).