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Appel à contributions : « Ce que fabrique le genre »

« Ce que fabrique le genre »

Coordonné par Pascale Bonnemère, Franck Cochoy et Chloé Clovis Maillet
A paraître en 2022
Précédé par les Rencontres Techniques&Culture organisées à Marseille
en janvier 2021

Il y a 90 ans, Marcel Mauss parlait de la division par sexes comme « une division fondamentale qui a grevé de son poids toutes les sociétés. Notre sociologie, sur ce point, est très inférieure à ce qu’elle devrait être. On peut dire à nos étudiants, surtout à ceux et à celles qui pourraient un jour faire des observations sur le terrain, que nous n’avons fait que la sociologie des hommes et non pas la sociologie des femmes, ou des deux sexes » (1969 [1931] : 15). Mauss soulignait quelques années plus tard que « deux choses étaient immédiatement apparentes à partir de [la] notion de techniques du corps : elles se divisent et varient par sexes et par âges ». Il ajoutait que cette division des techniques du corps entre les sexes n’était pas simplement la division du travail entre les sexes (1950 [1936] : 373).

Tout est là, ou presque, pour commencer à se saisir de la question des rapports entre le genre et les techniques. Mauss évoque déjà l’androcentrisme qui marque les sciences sociales ; il présente le genre – même si son vocabulaire n’est pas celui d’aujourd’hui – comme une dimension qui traverse la vie sociale, un opérateur de portée générale ; il alerte enfin sur le fait que la division des techniques du corps entre les sexes va au-delà des formes sexuées du travail.

Ce numéro de Techniques & Culture aimerait s’appuyer sur ce programme – qui reste encore largement à bâtir – à partir d’études de cas provenant de différentes époques et aires géographiques.

Ce numéro accueillera des études de cas précises permettant d’aborder, parmi d’autres possibles, les questions suivantes, en essayant de les replacer dans les débats conceptuels exposés dans cet appel :

  • l’ autorialité et le genre des objets : qui les fabrique, qui les possède et qui les utilise ? (Anstett et Gélard, 2012 ; Montjaret, 2014) ;
  • la question du corps à corps entre genre et techniques: autrement dit, que font les sujets et les objets ensemble ? ;
  • la construction d’un éventuel nouveau rapport à leur corps pour les femmes suite aux expérimentations techniques récentes autour de questions liées à la physiologie (coupes menstruelles et applications pour smartphones de suivi du cycle d’ovulation).

Des questions plus générales sont également soulevées lorsqu’on s’interroge sur le genre des techniques et les techniques de genre :

  • Est-il pertinent de s’intéresser au genre des techniques plutôt qu’aux seules relations entre genre et techniques ?
  • Comment penser les normes de genres lorsque seuls des dispositifs techniques permettent à certains corps de les confirmer (pour les personnes intersexes et transgenres notamment) ?
  • Est-il possible de penser ensemble certaines théories anthropologiques sur le genre qui défendent l’idée que la pensée humaine a eu pour premier matériau d’observation la différence sexuée (Héritier, 1996) et certaines théories sur l’acte technique comme modèle de la relation sociale (Sigaut, 2012) ?
  • Les espoirs placés dans le potentiel émancipateur de l’univers technique (Faulkner, 2001) sont-ils trop grands, voire naïfs

Conditions de soumission

Un résumé de 3 000 caractères maximum, accompagné d’une dizaine d’illustrations. Trois formes d’articles sont envisageables :

  • un article pour la version en ligne disponible en accès immédiat, d’une longueur maximale de 50 000 caractères (espaces compris) et dans lequel toutes sortes d’illustrations (photos, vidéo, audio) sont possibles. Il sera également présenté sur 4 pages prenant la forme d’un « teaser » dans la version papier (avec l’annonce du lien http ; 5 000 à 6 000 signes + 2 images HD).
  • un article pour la version papier de la revue, de maximum 30 000 caractères (espaces compris) accompagnée d’un maximum de 10 images HD (300 dpi) dans lequel l’auteur s’efforcera d’écrire pour des lecteurs extérieurs à son propre champ, exercice impliquant une double exigence de scientificité et de lisibilité (la revue touchant un lectorat interdisciplinaire de sciences humaines et se diffusant en librairie comme un « livre revue » à destination d’un public élargi).
  • un article partant à l’inverse du terrain et des documents, dans lequel l’auteur, se fondant sur des corpus précis, analysera 15 à 20 images, dans un format de maximum 15 000 caractères

Détails pratiques

Les auteurs devront prendre contact avec les coordinateurs du numéro, P. Bonnemère, F. Cochoy et C. Maillet par l’intermédiaire du secrétariat de rédaction de la revue (techniques-et-culture@ehess.fr) pour soumettre leur projet (titre et résumé, projet d’iconographie) accompagné de leur nom, coordonnées, affiliation institutionnelle avant le 21 novembre 2020.

Une rencontre des contributeurs retenus est prévue à Marseille en janvier 2021. La proposition ainsi que le texte intégral peuvent être envoyés en langue française ou anglaise ; le volume papier paraîtra en français, mais les articles en ligne pourront paraître en anglais.

Consulter le site de Techniques&Culture pour connaître les normes de la revue ou s’adresser à la rédaction : techniques-et-culture@ehess.fr


Techniques & Culture

La revue Techniques&Culture s’intéresse aux dimensions pragmatiques, sociales et symboliques des techniques, des plus « traditionnelles » aux plus modernes. Les cultures matérielles et la matérialité permettent de révéler et de donner un sens concret aux rapports entre les hommes ou entre les hommes (sociétés) et leurs milieux. La revue élabore et coproduit des numéros thématiques, synthèse des avancées les plus récentes de grandes questions anthropologiques qu’elle destine autant au monde savant (revue de rang A) qu’à un plus large public (disponible en librairie et sur internet).