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« Discours et pouvoir dans et sur les religions »

Appel à contribution

« Discours et pouvoir dans et sur les religions »

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Très marqués par la philosophie foucaldienne, les concepts de « discours » et de « pouvoir » sont utiles pour réfléchir aux nouvelles configurations religieuses, tant en ce qui concerne la construction et la structuration des rapports de pouvoir en leur sein, que les positionnements de ces institutions dans les sociétés contemporaines au prisme des évolutions et transformations sociales des dernières décennies.

Pour Foucault, le discours est un dispositif dans l’exercice du pouvoir pour le contrôle et l’assujettissement : « [il] n’est pas simplement ce qui traduit les luttes ou les systèmes de domination, mais ce pour quoi, ce par quoi on lutte, le pouvoir dont on cherche à s’emparer » (Foucault, 1971 : 12).  Le discours, en produisant une vision du monde, une façon de fonctionner vis-à-vis de celui-ci, peut alors être producteur de normes, à partir du moment où certaines conditions sont remplies – ce qui permet de penser aussi la question de la légitimation de l’autorité (Bourdieu, 1971, 2001), et ce, d’autant plus dans les religions où le rapport à la tradition, au charisme ou encore au savoir peuvent être déterminants quant à l’exercice d’un pouvoir ou, du moins, d’une ascendance sur les individus croyants. On peut alors s’interroger sur les structures que prend le pouvoir religieux, dépendamment des contextes et périodes, mais aussi les adaptations et mutations de l’expression de celui-ci dans la période post-moderne actuelle. En effet, cette période est marquée par l’effondrement des grandes idéologies. On assiste aussi à une mutation de la construction identitaire pour permettre le déploiement d’une individualité éloignée des grands cadres moraux et normatifs qui prescrivaient jusqu’à présent les comportements sociaux acceptés. Cela remet notamment en question certains discours religieux quant à la place des individus en fonction de leur sexe, et permet de critiquer leur définition très réductrice de la famille et de la sexualité, ce qui peut entrainer, ou non, certaines transformations des institutions religieuses (Woodhead, 2012).

Face à une progression de la sécularisation des sociétés occidentales, on assiste dans le même temps à un retour en force de certains fondamentalismes religieux. Ces mouvements, très critiques envers les évolutions sociales contemporaines (comme les droits des femmes, les droits des personnes LGBTQ+, la lutte contre le racisme), souhaitent la résurgence de valeurs traditionalistes. En témoignent notamment les nombreux groupes fondamentalistes chrétiens aux États-Unis qui vont chercher à revenir sur des enjeux sociaux (comme l’avortement) selon des préceptes religieux. À l’inverse, de nombreuses traditions religieuses vont quant à elles être bousculées par des mouvements féministes religieux (de Gasquet, 2019).

Ce numéro thématique de Religiologiques cherche, dans un premier temps, à réfléchir aux discours générés par les religions et à la façon dont ceux-ci structurent le pouvoir et conditionnent les rapports de pouvoir en leur sein, tout en interrogeant les fondements mêmes de ces discours et les processus de légitimation sur lesquels ils s’appuient. Ce numéro veut également réfléchir aux discours sur les religions, d’un point de vue politique ou juridique, et les façons dont les sociétés entendent gérer le religieux. Il peut aussi être l’occasion de réfléchir aux façons dont les religions adaptent, ou non, leur discours, confrontés aux nouveaux impératifs sociaux, ainsi qu’à l’émergence de discours critiques des religions et les influences de ceux-ci sur les structures religieuses. Parmi les pistes, non exhaustives, de recherche, mentionnons :

  • Discours de légitimation du pouvoir dans ou sur les institutions religieuses
  • Discours construisant les rapports de pouvoir au sein d’une institution religieuse particulière
  • Discours de transformations des rapports de pouvoir religieux
  • Discours religieux spécifique (par ex. la ritualité) ou vision du monde particulière et rapports de pouvoir (Bell, 2009)
  • Discours féministes et LGBTQ+ critiques du pouvoir religieux
  • Discours de résistance au pouvoir religieux, et nouveaux modèles de discours (Lilja et Vinthagen, 2014)
  • Soumission (consentie) aux discours religieux et agentivité individuelle
  • Discours religieux et enjeux raciaux
  • Discours fondamentalistes dans l’espace public et affirmation du pouvoir religieux
  • Discours de gestion juridique ou politique du religieux dans la société
  • Etc.

Plus d’info: Discours et pouvoir dans et sur les religions (appel à contribution) – Département de sciences des religions – UQAM