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« Former pour transformer ? La formation comme outil de résistance »

« Former pour transformer ? La formation comme outil de résistance »

7-9 avril 2021, Bruxelles, SciencePo ULB

Appel à communication dans le cadre du 8ème Congrès ABSP / 9ème Congrès CoSPoF

 Présentation scientifique de la section thématique et inscription dans le thème

Qu’il s’agisse de formations aux inégalités de genre (Perrier, 2013), à la « diversité » (Bereni, 2009), ou au développement durable dans les entreprises et les administrations, contre les violences sexuelles et conjugales dans les commissariats et auprès des magistrat·es (Delage et Perrier, 2020 ; Herman, 2016 ; Delage, 2017), l’injonction à (se) former sur ce qui apparait comme de nouveaux enjeux sociaux et politiques gagne du terrain dans divers espaces sociaux.

La recherche en sciences sociales a surtout envisagé les formations pour adultes comme un objet de la sociologie et de l’histoire de l’éducation et du travail  d’une part, de l’engagement et du militantisme d’autre part. Pourtant, alors qu’elle tend à se diffuser dans plusieurs secteurs de politiques publiques et auprès de plusieurs types d’acteurs et actrices (État et collectivités territoriales, milieu associatif et militant, organisations internationales et supranationales), la formation est encore peu appréhendée comme instrument d’action publique (Lascoumes et Le Galès, 2005).

En oeuvrant à la transformation des connaissances et des normes des acteurs et actrices participant à l’action publique, l’instrument formation s’inscrit dans une stratégie de résistance à l’ordre dominant (jugé patriarcal, raciste, validiste, etc.) qui est à la fois portée par des acteurs/actrices militantes et associatives, et régulée, de manière variée, par l’État et les pouvoirs publics. Le sens et la portée de cette stratégie de résistance en sont reconfigurées. Ainsi cette session thématique propose-t-elle une réflexion sur les résistances par les savoirs (sur l’égalité au travail, la lutte contre les violences sexistes, celle contre les discriminations, sur l’environnement, etc.) et sur leurs transformations et appropriations.

En proposant d’étudier à la fois la genèse et la promotion, mais aussi la mise en œuvre et la réception de l’instrument formation dans plusieurs secteurs d’action publique, cette section thématique viendra enrichir la réflexion dans deux champs de recherche.

Parce que la formation concentre des enjeux de mise à l’agenda d’un problème et de mise en oeuvre d’une politique, elle permettra d’une part de réinterroger les relations entre l’État et les mouvements sociaux. Ainsi, cette session thématique entend étudier la diversité des relations entre ces deux types d’acteurs et montrer comment contestation, coopération, négociation et concurrence modèlent les objectifs de résistance en jeu dans les formations.

D’autre part, elle permettra de compléter les travaux inscrits dans des approches cognitives des politiques publiques (Muller, 2005 ; Surel, 1997 ; Fouilleux, 2000 ; Hall, 1993 ; Sabatier, 1993 ; Kübler, 2001), parmi lesquels les approches microsociologiques, attentives aux modalités concrètes de diffusion et de réception des savoirs et des normes, restent peu développées. En étudiant les formations, il s’agit en effet de se pencher sur les savoirs, savoir-faire et savoir-être prescrits par des groupes spécialisés sur un problème public, mais aussi sur leur réception par les street-level-bureaucrats (travaillant dans les commissariats dans le cas de la lutte contre les violences faites aux femmes, ou dans les agences Pôle emploi dans le cas des formations aux luttes contre les discriminations, etc.), qui sont les cibles de l’action publique de formation, chargé·es de mettre en oeuvre les changements visés par les stratégies d’apprentissage . Cette session thématique entend ainsi poursuivre la réflexion sur les appropriations ordinaires des idées politiques (Jacquemart et Albenga, 2015), en mettant notamment l’accent sur les contextes et usages professionnels des normes et des savoirs diffusés dans les formations.

In fine, la session thématique contribuera à l’analyse d’une évolution fondamentale des modes de gouvernement des sociétés contemporaines, qui valorisent davantage des instruments informationnels pour agir sur le monde social et diffuser de nouvelles normes.

Appel à communication

Cette section thématique part de l’idée selon laquelle étudier la formation en tant qu’instrument d’action publique offre un prisme stimulant pour comprendre non seulement les formes de lutte et d’institutionnalisation de mouvements sociaux et associatifs, mais aussi une évolution des modes de gouvernement de l’Etat et des pouvoirs publics. Les formations (à l’égalité, pour le développement durable, contre les discriminations ou les violences de genre par exemple) sont en effet à la fois le fait de mouvements sociaux et associatifs cherchant à imposer des normes et des schèmes interprétatifs pour lutter contre un ordre dominant perçu comme injuste, mais elles peuvent aussi être déployées par l’État et les pouvoirs publics, comme instrument informationnel (Lascoumes et Le Galès, 2005) au service de politiques publiques.

Deux axes principaux seront proposés :

Il s’agira d’une part d’étudier la genèse et la promotion de cet instrument d’action publique au sein des mouvements associatifs et militants et de secteurs variés de l’Etat. Dans quelles configurations sociologiques et politiques, et pourquoi (pour quelles raisons et dans quel objectif?) est-il promu ? Quels sont les profils des acteurs et actrices qui le promeuvent? Se pencher sur les profils et les rôles des entrepreneur·ses de cause, qui promeuvent les formations, ainsi que des « médiateurs » et « médiatrices » qui les portent au sein des institutions publiques, contribuera à éclairer les processus institutionnels et organisationnels par lesquels les formations s’imposent dans une pluralité de secteurs. Ensuite, on pourra étudier comment le recours à cet instrument s’articule à d’autres stratégies militantes et de politique publique. Souvent promu au sein de secteurs de politique publique peu anciens, à la légitimité fragile, le développement de la formation ne constitue-t-il pour autant que « l’arme des faibles » ? Est-il lié aux transformations d’un État soucieux de revendiquer une action publique symbolique pour palier la faiblesse des politiques redistributives ou règlementaires ? Enfin, on s’interrogera sur la façon dont cet instrument d’action publique est investi par l’État et les pouvoirs publics. Dans quelle mesure ceux-ci encadrent-ils et façonnent-ils le développement et la mise en œuvre de la formation : ont-ils la main sur son cadrage ? Quelles sont leurs relations (contrôle ? délégation ? etc.) avec les opérateurs et opératrices de formation ?

Le second axe étudiera la mise en œuvre et la réception des formations, en mettant l’accent sur les acteurs et actrices impliquées dans les sessions d’apprentissage : quels sont les profils des formateurs et formatrices ? Sur quelles ressources s’appuient-ils/elles ? Cet axe analysera également les types de savoirs promus, qui sous-tendent des cadrages d’un problème, et ceux qui sont impensés, voire exclus. On pourra également se demander si des savoirs militants sont mobilisés et revendiqués comme tels, et/ou s’ils sont façonnés et transformés pour être entendables par les pouvoirs publics et les stagiaires. Les recherches pourront ici s’inspirer des travaux de sociologie du curriculum développés notamment en sociologie de l’éducation. Les travaux inscrits dans des approches interactionnistes sont également encouragés afin d’analyser les modalités et les enjeux de diffusion du savoir : comment les enjeux traités sont-ils légitimés auprès des stagiaires ? Il conviendra de prêter attention aux modalités de réception des formations et aux différentes formes d’appropriation et de résistances aux savoirs transmis. Les contributions pourront également analyser les usages des savoirs appropriés par les stagiaires en dehors du cadre des formations (dans leurs pratiques professionnelles au sein de leurs administrations ou organismes professionnels, ainsi que dans leur vie personnelle), et proposer ainsi une lecture sur la portée et les limites de ces stratégies de résistances à l’ordre dominant.

Les propositions de communication (environ 4.000 signes) sont à envoyer avant le 15 septembre 2020 (date butoir déplacée par l’ABSP) aux responsables de la ST (vous pouvez nous signaler si la date butoir vous pose problème) :

–       Pauline  DELAGE / pauline.delage@cnrs.fr

–       Gwenaëlle PERRIER / perriergwen@yahoo.fr