logo
Populate the side area with widgets, images, navigation links and whatever else comes to your mind.
18 Northumberland Avenue, London, UK
(+44) 871.075.0336
ouroffice@vangard.com
Follow us

Follow Us Sophia, Belgisch Netwerk voor Genderstudies

+32 (0)2 229 38 69

Middaglijnstraat 10, 1210 Brussels

Nieuws

La production des morphologies sexuellement différenciées tout au long de la vie : construire, renforcer, transformer les anatomies genrées

Appel à contribution

Depuis les années 1980, la sociologie a montré l’importance du corps dans la production et la reproduction des différences et de la hiérarchie entre les sexes (Delphy, 1991 ; Guillaumin, 1992 ; Tabet, 1998 ; Bourdieu, 1980 ; Foucault, 1975 ; Gardey & Löwy, 2000 ; Laqueur, 1992 ; McCall, 1992). Les corporéités sexuées « dynamisent tous les champs du social » (Kergoat, 2012, p. 100) dans la mesure où être identifié·e comme « homme » ou « femme » – entendu au sens de catégories dominantes de classement sexué dans les sociétés fondées sur la binarité sexuelle – revient avant tout à présenter un corps avec les marqueurs physiques légitimes d’apparence d’une ou l’autre des catégories de sexe. La biologisation du social et plus spécifiquement de l’ordre de genre prend ainsi largement appui sur le postulat d’une apparence anatomique différente « par nature » entre les corps féminins et masculins (Löwy & Rouch, 2003). Or, les nombreux travaux historiques ou sociologiques consacrés à la fabrique des corporéités montrent combien les corps sont « à la fois supports et objets […] d’opérations normatives multiples » conduisant à la construction d’une « bicatégorisation sexuée et hiérarchisée du social » (Boni-LeGoff, 2016, p. 159).

Le façonnage des corporéités sexuées enfantines et adolescentes – par l’entourage familial et scolaire (Court, 2010), les modèles et discours auxquels ils et elles sont confronté·e·s (Détrez, 2005)  – a été l’objet d’une attention particulière dans la sociologie francophone depuis plusieurs années. Ces travaux ont contribué à mettre minutieusement en évidence les processus de socialisations à l’œuvre dans la fabrication genrée des « corps en devenir ». Les procédures de façonnage et de modelage des corps physiques (chairs, muscles, ligaments, squelettes, etc.) à l’âge adulte sont moins explorées. Ainsi, l’analyse de la fabrication sociale du dimorphisme sexuel – bastion de la domination masculine – tout au long de la vie par des procédés concrets d’action sur et par le corps mérite d’être développée et approfondie.

Les travaux portant sur l’âge adulte se sont en grande partie focalisés sur la construction des corps genrés dans l’espace professionnel. L’espace du sport professionnel a notamment donné lieu à de nombreuses études (Bohuon & Gimenez, 2019 ; Cholley-Gomez & Perera, 2017 ; Saouter, 2015). Mais d’autres espaces professionnels où le corps et son apparence sont au cœur de l’activité ont également fait l’objet de travaux analysant le façonnage des corporéités (voir par exemple Clair & Tafferant, 2006 ; Gallot, 2013 ; Goff, 2020 ; Mensitieri, 2018 ; Schütz, 2018). Ils pointent généralement les menaces de « disqualification professionnelle » (Boni-LeGoff, 2016, p. 166) que font planer les désajustements entre les corporéités des professionnel·le·s et l’ordre de genre dominant à l’œuvre sur leur lieu de travail. Ils montrent comment les individus en situation de « désajustement » sont conduits à opérer un travail sur eux-mêmes pour remplir des attendus de genre, au risque d’être évincé·e·s de leur lieu de travail ou marginalisé·e·s à l’intérieur de celui-ci. Les autres sphères d’activité – de loisir, conjugale, amicale… – restent pour le moment relativement peu explorées sous cet angle à l’exception de certains travaux récents (Beaubatie, 2019a ; Jarthon & Durand, 2017 ; Villani & Andro, 2010) ; et a fortiori lorsqu’il s’agit de mettre en évidence non seulement le travail des apparences corporelles (Liotard, 2016) mais aussi le travail de l’anatomie : faire, défaire, transformer des tissus, des fibres, des organes selon des logiques de mise en conformité avec l’ordre de genre dominant, des régimes de genre spécifiques ou encore de rupture ou distanciation avec les représentations dominantes des corps genrés.

Partant de l’idée que la socialisation est un processus qui se déploie sur un plan diachronique (tout au long de la vie) et synchronique (ses legs sont le produit de l’incorporation de savoir/faire/être dans plusieurs sphères d’activité parallèles) (Darmon, 2007), ce dossier aimerait regrouper des travaux qui s’intéressent aux processus de production des corporéités genrées à l’âge adulte dans toute leur diversité avec une attention particulière pour les recherches centrées sur la production sociale de la dimension anatomique du corps. L’objectif de ce numéro est ainsi de mettre en évidence des logiques de façonnage anatomiques de corps d’adultes pour renforcer, moduler ou rompre avec les signes d’appartenance – ou de non appartenance – aux catégories et hiérarchies de sexes. Nous invitons également les contributrices et contributeurs à analyser la production des anatomies genrées du point de vue de la classe et de la race (au sens de processus sociaux de racialisation). Toutes les pratiques sociales (chirurgicales, médicales, physiques et sportives, esthétiques, usages de prothèses, etc.) directement dédiées à la reproduction, au renforcement, au changement ou à l’annulation de l’anatomie genrée analysés sous l’angle des socialisations et des appartenances sociales constituent des terrains pertinents pour ce dossier.

Basées sur des études empiriquement fondées et originales, les contributions porteront sur la France mais aussi d’autres pays, permettant ainsi de comparer des contextes différents de production de corps genrés. Les propositions se focalisant sur l’articulation du produit des socialisations à l’échelle de plusieurs sphères d’activité retiendront particulièrement notre attention. Deux axes thématiques seront privilégiés :

La question du renforcement ou de la reproduction des normes corporelles dominantes féminines ou masculines à l’intersection des systèmes de genre, de classes et de race. Ici pourra par exemple être analysé le façonnement genré des corps par le vecteur de l’alimentation (Diasio & Fidolini, 2019), par l’encadrement du corps procréatif et hormonal (Charlap 2019 ; Roca i Escoda, 2016), par l’entraînement et/ou la pratique sportive (Vallet, 2014 ; Jarthon, 2018) en lien avec les rapports à l’âge (Rennes, 2019) ou encore à la sexualité (Trachman, 2011 ; Martin, Bendjama & Bessette-Viens, 2017 ; Brasseur & Finez, 2020).

La question de la rupture avec le système de genre ou le système hétéronormatif par des transformations de l’anatomie. Les articles inscrits dans cet axe peuvent porter, à titre d’exemple, sur le traitement des personnes qui vivent une mobilité sociale de sexe (Beaubatie, 2019b) ; les pratiques de transformations des corps fondées sur la reconnaissance d’un « troisième genre » (Saladin d’Anglure, 2012) ou liées à l’affirmation d’identités homosexuelles (Le Talec, 2018) ; les socialisations corporelles trans et intersexes (Espineira, 2015).

Responsables du dossier

Marie-Carmen Garcia (sociologue, L-Vis, Université Lyon 1)

Mélie Fraysse (sociologue, CRESCO, Université Toulouse 3)

Pierre Bataille (sociologue, LaRAC, Université Grenoble Alpes)

Modalités de soumission

Propositions d’articles

Les propositions d’articles, rédigées en français, devront présenter le projet d’article en environ 4.000 signes, espaces compris, soit environ 500 mots ou une page.

La proposition comprendra :

– le titre : de 70 signes maximum (avec possibilité d’ajouter un sous-titre)

– un résumé de l’article détaillant la question de recherche, le cadre théorique, le terrain et l’enquête empirique, les principaux résultats

– quelques références bibliographiques (hors du décompte des signes)

Chaque proposition doit également inclure les noms et prénoms des auteur·e·s, leur statut et leur rattachement institutionnel, ainsi que l’adresse courriel de l’auteur·e correspondant·e.

Les propositions d’articles sont à envoyer pour le 15 mars 2021aux organisatrices.teur du dossier : Marie-Carmen Garcia : marie-carmen.garcia@univ-lyon1.fr, Mélie Fraysse : melie.fraysse@univ-tlse3.fr et Pierre Bataille : pierre.bataille@univ-grenoble-alpes.fr

Premières versions des articles

Les premières versions des articles sont attendues pour le 15 juin 2021.

Articles définitifs

Les articles définitifs sont attendus pour le 30 septembre 2021.

Calendrier

  • Envoi des propositions d’articles : 15 mars 2021

  • Réponse des coordinatrices-teur : 15 avril 2021

  • Envoi de la première version de l’article : 15 juin 2021

  • Envoi de l’article définitif : 30 septembre 2021